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Les enjeux |
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Facile à dire...
Notre
système économique est gouverné par la performance
financière et technique. La vie urbaine, l'économie et
sa croissance omniprésentes dans de nombreux esprits génèrent
par écho médiatique un bruit de fond dans lequel le respect
de la vie s'en trouve dilué, banalisé.
Or, nous ne pouvons plus continuer à ignorer les limites de
notre planète. Un
rendez-vous critique s'impose à une civilisation devenue matérialiste
et avide à l'excès. Des changements majeurs deviennent
indispensables.
Dénoncer cette situation nécessite de déterminer
dans
quel monde nous voulons vivre ensemble. Chacun comprend, pour que prévale
l'intérêt général, que ces constats imposent
des changements considérables, tant dans nos modes de consommation,
et donc de production, que dans nos relations aux autres,
notamment pour atteindre l'objectif de diviser
par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050
par rapport à 1990.
Mais
il
n'est plus possible d'inciter les gens à sur-consommer tout en
constatant les dégâts du mode de développement dominant
sans leur proposer des alternatives. Or, à ce jour, au delà
des déclarations d'intention, la plupart des citoyens, des entreprises
ou des Etats rechignent à remettre en cause un système,
le plus souvent au nom de la préservation à court terme
de leurs intérêts particuliers.
Si
des régulations économiques et des accords politiques
mondiaux sont indispensables, les effets d'annonce et les échecs
récents des grands sommets internationaux montrent clairement
leurs limites.
La compétition généralisée de tous contre
tous produit un système perdant-perdant.
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Pourquoi est-il urgent d'agir ?
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Nous avons tous de bonnes raisons de ne pas changer, de
ne pas être dérangés dans un quotidien que nous voulons
le plus confortable possible. Nous avons l'impression que nous perdrions
ce confort que l'on considère comme définitivement "acquis".
Nos activités, nos métiers, nos pratiques nous isolent chaque
jour davantage du contact de la nature. De fait, les coups portés
au vivant paraissent abstraits et les menaces lointaines, surtout aux
plus privilégiés d'entre nous : nous ne comprenons pas l'urgence
de modifier nos comportements en profondeur.
Cependant, à ne pas remettre réellement en cause un modèle
devenu obsolète, nous amenuisons nos capacités de réaction
et à force d'attendre, nous aurons bien plus à perdre que
du confort.
Il ne s'agit pas d'être catastrophiste, mais de s'informer,
remettre en question, faire
preuve de discernement pour comprendre
la réalité du monde
et se mobiliser.
Ceci afin de générer la confiance, l'espoir plutôt
que la peur.
Or on peut difficilement le faire sans une vision élargie, globale
et systémique, c'est-à-dire sans considérer les
relations entre les choses, nos actions et leurs conséquences sur
la nature.
Mais aujourd'hui nos entreprises, nos collectivités, nos Etats
n'ont pas la résilience nécessaire pour y faire face.
Pour ne pas risquer une déstabilisation majeure, tant aux niveaux
politique, qu'économique et social, nous devons collectivement
anticiper la survenue de contraintes liées aux limites
de la terre et de ses ressources et planifier un retour global à
l'équilibre.
Sachons tirer bénéfice de nos différences par des
actions concrètes, apprenons à nous rassembler pour mobiliser
nos intelligences.
Agir dès aujourd'hui sera donc moins risqué et moins
coûteux que de subir les conséquences des régulations
que la nature ne manquera pas de nous imposer, comme le montrent les économistes
et notamment Nicholas
Stern.
Ainsi, de plus en plus de citoyens et de dirigeants considèrent
la mutation que nous avons à opérer non pas comme une somme
de contraintes, mais au contraire comme une multitude d'opportunités
pour parvenir à une meilleure qualité de vie en ayant des
relations au travail, aux autres et à la nature qui soient porteuses
de sens.
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Une communauté d'intérêts
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Nous
savons désormais quels problèmes nous entourent.
Les changements attendus pour les résoudre doivent être
engagés à la hauteur des enjeux.
Pour
que ces changements soient socialement acceptables, il convient
de relever le défi écologique et social
en inventant des solutions futées et de nouveaux comportements
et relations.
Répondre
à ces défis sera beaucoup plus facile et rassurant
en coopérant les uns avec les autres en oeuvrant pour
l'intérêt
général.
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Les pistes d'action - de l'excès
au plus juste -
- Consommer
moins d'énergie dans le transport, l'habitat, l'alimentation,
favoriser l'usage d'énergies renouvelables
- traquer
toutes formes de gaspillage
- consommer
moins d'eau et de
ressources naturelles,
- créer
des produits et services en considérant l'intégralité
de leur cycle de vie,
- repenser
régionalement les flux de marchandises et d'hommes en
préférant les circuits courts,
- bannir
toutes les formes de pollution,
- protéger
la biodiversité,
- créer
des emplois de qualité,
- réduire
les inégalités par un meilleur partage des richesses,
- créer
des lieux de solidarité, de dialogue et de culture,
- inspirer de nouveaux
comportements dans notre vie quotidienne...
Tous ces
changements nécessitent des réponses
innovantes.
Une
mosaïque de réglementations, de progrès techniques,
d'aménagements territoriaux, d'évolutions comportementales,
de dispositions
éducatives...
nous permettront, combinées, de relever les défis mentionnés
ci-dessus et de participer à la
métamorphose de notre monde.
De nouveaux métiers, produits et marchés favoriseront
cette nécessaire adaptation en contribuant à améliorer
la qualité de notre lieu de vie commun.
Car même à petite échelle,
chaque effort compte.
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Les sources d'inspiration
- La
nature,
partout, tous les jours.
- Transition
towns,
réseau de villes en transition fondé par l'anglais Rob
Hopkins à partir d'initiatives mises en place par des groupes
de travail locaux déclinés en différentes thématiques
(emploi, eau, biodiversité, énergie...). Ceci afin d'organiser
la résilience locale face aux enjeux du changement climatique
et de la fin programmée des énergies fossiles.
- Zeri
(Zero emission research institute), institut fondé par Gunter
Pauli, soutenu par l'Université des Nations Unies, dont
l'ambition est d'aider les entrepreneurs à créer des
activités imitant la nature et éliminant les déchets,
- The
natural step,
ONG créée par le cancérologue suédois
Karl Enrik Robèrt pour guider les organisations sur
une voie écologiquement, économiquement et socialement
durable. Une initiative reprise en France par Caroline Gervais.
- Infatigable
promoteur de la
taxation de l'énergie,
Jean-Marc Jancovici démontre que cet outil participera
à la résolution des problèmes notamment liés
à la crise climatique...
- En
instaurant la notion de
taxation de toutes les consommations de nature,
autre nom du principe pollueur-payeur, Jacques Weber souhaite
rendre coûteux tous nos impacts sur les écosystèmes
tout en détaxant le travail...
- HAB,
Habiter autrement à Besançon, est un groupe de
citoyens qui a décidé de se réapproprier son
habitat en créant un lieu de vie écologique, solidaire
et à haute valeur relationnelle.
- Ambiance
Bois,
entreprise d'exploitation et de valorisation du bois au fonctionnement
coopératif, expérimente des manières solidaires
de travailler centrées sur une équipe d'une vingtaine
de personnes.
- Ardelaine,
entreprise ardéchoise de développement local ayant dynamisé
un territoire rural à l'abandon en re-créant toute la
filière laine, de l'élevage à la vente de produits
réalisés avec la laine.
- Colibris,
le mouvement pour la terre et l'humanisme,
les
initiatives de Pierre Rhabi
pour rapprocher l'homme de la nature via l'agro-écologie.
- Food
coop de
Park Slope (Brooklyn-NY), coopérative de produits alimentaires
à prix réduits et réservée aux membres
qui y travaillent au moins 2h45 par mois pour bénéficier
de conditions avantageuses. L'entreprise
a été créée en 1973 par Joe
Holtz.
- En
étudiant des systèmes
complexes tels que les écosystèmes Robert Ulanowicz
a formulé la manière dont la structure dun réseau
affecte la viabilité à long terme de ce système,
grâce à léquilibre entre son efficacité
(ou
performance) et sa résilience
(sa capacité à rebondir).
- En
travaillant sur la microbiologie des sols,
Claude et Lydia Bourguignon
éclairent agriculteurs, viticulteurs et toute personne sensible
à la qualité de son alimentation sur l'absolue nécessité
de protéger ce patrimoine vivant et méconnu qu'est le
sol.
- Plato
est un réseau international de responsables de 8 500 PME accompagnés
dans leur développement par des coaches issus de 750 grandes
entreprises.
- Luc
de Brabandere,
passionné d'innovation, est consultant en créativité.
L'auteur du "Plaisir des idées" est également directeur
du cabinet parisien de conseil en stratégie du Boston Consulting
Group. Mathématicien et philosophe de talent...
- The
co-evolution project,
à l'initiative de Thierry Groussin, rassemble en un cercle
amical et informel des personnes qui partagent une conviction fondamentale
: celle que notre monde est engagé non pas dans une crise mais
dans une métamorphose profonde.
- Team
Academy, l'école d'entrepreneurs fondée à
Jyväskylä (Finlande centrale) dont l'apprentissage se fait
en équipe et dans l'action à travers la création
d'une véritable entreprise comme support d'apprentissage.
Le principe, créé par Johannes Partanen en 1993,
repose sur l'autonomie et la dynamique d'équipe des étudiants
qui, accompagnés de coaches, deviennent petit à petit
des entrepreneurs. Jusqu'à 40% des personnes quittant l'école
créent leur entreprise. La pérennité des entreprises
créées est de 95% après 5 ans...
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